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Shadow IT : 8 éditeurs en médiane par société du SBF 120, lisibles dans son DNS

Shadow IT : 8 éditeurs en médiane par société du SBF 120, lisibles dans son DNS

Le DNS de 704 organisations lu le 6 octobre 2026 : une société du SBF 120 a vérifié son domaine chez 8 éditeurs de services en ligne en médiane, une commune chez 1. Ce que ces traces révèlent du shadow IT, et comment trouver les actifs exposés que personne ne gère.

Maxime J12 min de lectureMis à jour le

Du shadow IT dort sur votre périmètre

L'EASM d'own2pwn découvre en continu les actifs exposés que personne ne gère.

Trouver mes actifs exposés

Demandez à votre DSI la liste exhaustive des actifs que votre organisation expose sur Internet. Vous recevrez un tableur, propre, rassurant, à jour de l'an dernier. Lancez ensuite une vraie découverte d'assets exposés, et préparez-vous : le chiffre réel sera toujours plus grand. Quelque part entre "tiens, on a encore ce sous-domaine ?" et "attendez, ce serveur tourne depuis 2021 ?".

Bienvenue dans le monde merveilleux du shadow IT : tout ce qui existe, tourne, écoute sur un port, et que personne ne gère. Il se traque avec des outils concrets : l'EASM, l'OSINT et les logs de certificate transparency. Et par une source qu'on oublie, alors qu'elle tient en une requête : le DNS de votre propre domaine, où une bonne part des services SaaS rattachés un jour à l'organisation ont laissé un jeton de vérification. Je l'ai lu le 6 octobre 2026 pour 704 organisations. Une société du SBF 120 y nomme 8 éditeurs en médiane, et 43 sur 119 en nomment 11 ou plus.

Homme devant un mur de papiers et de fils rouges reliés, façon théorie du complot
Vous, à 23h, en train de cartographier les 400 sous-domaines que personne n'avait documentés.

Le shadow IT, c'est quoi au juste ?

Le shadow IT (informatique fantôme) désigne tout matériel, logiciel ou service cloud utilisé dans une organisation sans la connaissance ni l'approbation de la DSI. Ça part rarement d'une mauvaise intention : une équipe marketing qui monte un sous-domaine pour une landing page, un dev qui déploie une API de test "juste pour deux semaines", un prestataire qui crée un bucket de stockage pour un livrable. Personne ne ferme rien. Et l'actif reste là, exposé, oublié. Sa variante récente, l'IA non autorisée en entreprise, ne laisse même pas d'actif derrière elle : la donnée part à l'usage.

Shadow IT vs surface d'attaque externe

Le shadow IT n'est pas qu'un problème de gouvernance. Chaque actif non suivi agrandit mécaniquement votre surface d'attaque externe : un compte SaaS que personne ne suit, un sous-domaine que personne ne réclame, une API que personne ne gère sont autant de points d'entrée.

Ce que le DNS de 704 organisations dit de leurs SaaS

Pour rattacher un domaine à un service en ligne, l'éditeur demande presque toujours la même preuve : publier à la racine du domaine un enregistrement TXT de la forme atlassian-domain-verification=… ou docusign=…. C'est le préalable au SSO, à la reprise des comptes ouverts avec une adresse de l'entreprise, ou à l'envoi de mails au nom du domaine. Une fois l'opération faite, il est rare qu'on retire l'enregistrement. La zone DNS devient ainsi un registre public et cumulatif des services SaaS auxquels l'organisation a été rattachée un jour.

éditeurs SaaS
Nombre d'éditeurs distincts (SaaS, autorités de certification, outils de sécurité) ayant un jeton de vérification à la racine du domaine
  • SBF 120
  • Universités
  • Communes > 20 000 hab.
Nombre d'éditeurs distincts (SaaS, autorités de certification, outils de sécurité) ayant un jeton de vérification à la racine du domaineAucun0,8 %4,6 %20,9 %1 ou 213,4 %33,8 %52 %3 à 518,5 %49,2 %25,4 %6 à 1031,1 %12,3 %1,6 %11 ou plus36,1 %0 %0 %
Nombre d'éditeurs distincts (SaaS, autorités de certification, outils de sécurité) ayant un jeton de vérification à la racine du domaine
CatégorieSBF 120 (%)Universités (%)Communes > 20 000 hab. (%)
Aucun0,84,620,9
1 ou 213,433,852
3 à 518,549,225,4
6 à 1031,112,31,6
11 ou plus36,100
Mesure own2pwn : enregistrements TXT publics à l'apex du domaine du site officiel, lus le 6 octobre 2026 entre 18 h 19 et 18 h 22 UTC sur les résolveurs 1.1.1.1 et 9.9.9.9, analysés hors ligne le 7 octobre 2026. Éditeurs reconnus par une liste fermée de 86 motifs ; un éditeur compte une fois par organisation. Part des organisations de chaque panel. SBF 120 (N = 119), universités (N = 65), communes de plus de 20 000 habitants (N = 488). Les CHU et CHR (N = 32, médiane 3) sont omis pour garder trois séries.

Les distributions ne se ressemblent pas. Au SBF 120, 118 sociétés sur 119 ont au moins un jeton, la médiane est de 8 éditeurs (quartiles 5 et 13) et la plus chargée en compte 24. Dans les communes de plus de 20 000 habitants, la médiane tombe à 1, et 102 sur 488 n'en ont aucun. Universités et CHU sont entre les deux, avec une médiane de 3. La lecture la plus prudente : plus une organisation a de directions métier qui achètent leurs outils, plus son domaine a été branché sur des services différents, et plus la question "qui suit encore ce service ?" se pose souvent.

SBF 120
SBF 120 : éditeurs dont le jeton de vérification est le plus fréquent
Valeurs en sociétés sur 119
SBF 120 : éditeurs dont le jeton de vérification est le plus fréquentGoogle site-verificationSearch Console ou Workspace95Microsoft 36584Apple Business Manager68Atlassian65DocuSign60Brevo41Adobe41GlobalSign39Anthropic34Cisco Webex34Miro25OneTrust25
SBF 120 : éditeurs dont le jeton de vérification est le plus fréquent
CatégorieValeur (sociétés sur 119)Précision
Google site-verification95Search Console ou Workspace
Microsoft 36584
Apple Business Manager68
Atlassian65
DocuSign60
Brevo41
Adobe41
GlobalSign39
Anthropic34
Cisco Webex34
Miro25
OneTrust25
Mesure own2pwn : enregistrements TXT publics à l'apex du domaine du site officiel, lus le 6 octobre 2026 entre 18 h 19 et 18 h 22 UTC sur les résolveurs 1.1.1.1 et 9.9.9.9, analysés hors ligne le 7 octobre 2026. Éditeurs reconnus par une liste fermée de 86 motifs ; un éditeur compte une fois par organisation. 119 sociétés du SBF 120 (composition Euronext du 6 octobre 2026). Le jeton google-site-verification sert aussi à la Search Console : il ne prouve pas l'usage de Google Workspace.

La liste ressemble à un organigramme des achats : bureautique, signature électronique, emailing, autorité de certification, outils de conception, gestion du consentement. Elle contient aussi un éditeur d'IA générative, Anthropic, à égalité avec Cisco Webex, ce qui rappelle que la vague récente emprunte le même chemin que les précédentes. Le sujet a son propre article, le shadow AI et ce que le DNS en montre.

Pourquoi c'est une affaire de shadow IT

Un jeton n'est pas du shadow IT au sens strict : pour le publier, il a fallu quelqu'un qui administre la zone DNS. Mais il en fabrique trois formes. D'abord le service oublié : un essai de 2022, un outil remplacé, un projet arrêté, dont le jeton survit et dont le compte d'organisation survit parfois aussi, avec des utilisateurs actifs que plus personne ne revoit. Ensuite la carte offerte : n'importe qui lit cette liste en une requête et sait sur quelle plateforme de signature, de tickets ou de visioconférence calquer un faux mail crédible, ce qui en fait une matière première du phishing ciblé. Enfin le bruit : au SBF 120, une société publie en médiane 5 enregistrements TXT qu'aucun motif connu n'attribue, et jusqu'à 67 pour la plus chargée. Une zone que personne ne sait relire est une zone où personne ne remarquera l'ajout suivant.

médianes
éditeurs vérifiés (SaaS, AC, sécurité), médiane par société du SBF 120quartiles 5 et 13, N = 119
8
médiane des universitésN = 65 ; CHU et CHR : 3 aussi (N = 32)
3
médiane des communes de plus de 20 000 habitantsN = 488 ; 102 sans aucun jeton
1
Mesure own2pwn : enregistrements TXT publics à l'apex du domaine du site officiel, lus le 6 octobre 2026 entre 18 h 19 et 18 h 22 UTC sur les résolveurs 1.1.1.1 et 9.9.9.9, analysés hors ligne le 7 octobre 2026. Éditeurs reconnus par une liste fermée de 86 motifs ; un éditeur compte une fois par organisation.

L'exercice se refait chez soi en une ligne, et chaque enregistrement mérite un propriétaire nommé :

bash
# tous les TXT de la racine du domaine : jetons, SPF, et le reste
dig +short TXT example.fr @1.1.1.1 | sort

La mesure : une requête DNS par organisation, le 6 octobre 2026

Quatre panels figés avant la mesure à partir de sources publiques : les 119 sociétés du SBF 120 (composition Euronext du jour, dont 10 émetteurs étrangers, d'où "sociétés du SBF 120" et non "entreprises françaises"), 65 universités, 488 communes de plus de 20 000 habitants et 32 CHU et CHR. Pour chacune, le domaine de son site officiel, et une requête TXT à sa racine posée sur deux résolveurs publics (1.1.1.1 et 9.9.9.9) entre 18 h 19 et 18 h 22 UTC. On ne retient que ce que les deux voient ; aucune divergence n'a été constatée. Les enregistrements sont attribués par une liste fermée de 86 motifs d'éditeurs. L'analyse a été faite hors ligne le 7 octobre, puis relue par une contre-expertise.

Trois limites comptent. Un jeton prouve qu'un domaine a été vérifié un jour, pas qu'un service est utilisé aujourd'hui. Un éditeur vérifié par une autre méthode (courriel, fichier, sous-domaine) n'est pas vu, donc les comptes sont des minorants. Et seul le domaine du site est lu, alors que le domaine de messagerie peut différer.

Cadre de la mesure

Une requête DNS publique par organisation : aucun sous-domaine résolu, aucune connexion à un service. Aucun jeton n'est publié et aucune organisation n'est nommée, seuls des agrégats par panel le sont. Les éditeurs sont nommés parce que ce sont des fournisseurs, pas les organisations mesurées.

Pourquoi c'est dangereux, au-delà du simple désordre

Un attaquant ne fait pas la différence entre votre fierté architecturale et le vieux WordPress que personne n'a patché depuis trois ans. Il scanne, il trouve, il rentre par le maillon faible. Et le maillon faible, c'est presque toujours un actif que vous ne saviez même pas avoir en ligne. Voici le bestiaire classique de la découverte d'assets exposés :

  • Buckets de stockage mal configurés : S3, Azure Blob ou Google Cloud Storage ouverts en lecture publique. Le grand classique de la fuite de données.
  • Portails d'administration exposés : sous-domaines oubliés avec une page de login, souvent sans authentification multifacteur.
  • VPN et passerelles d'accès distant obsolètes : des équipements legacy toujours en ligne, avec des CVE connues et publiques.
  • Frameworks web non patchés : WordPress, Drupal ou un vieux framework JS sur un site qu'on a oublié de débrancher.
  • Environnements de dev et de staging : serveurs de test avec des identifiants par défaut ou faibles.
  • Enregistrements DNS abandonnés : des entrées qui pointent vers une ressource décommissionnée, vulnérables au subdomain takeover.

On ne protège pas, on ne patche pas, on ne surveille pas ce qu'on ne voit pas. Une part notable des violations de données part d'un actif inconnu ou non géré, parce qu'il est resté hors du champ de la supervision.

Chien assis dans une pièce en feu disant 'this is fine'
L'inventaire officiel face aux actifs supplémentaires découverts au premier scan.

L'écart entre l'inventaire et la réalité

Quand une organisation déploie pour la première fois un outil de découverte d'assets, elle découvre presque toujours bien plus d'actifs que ce que documente son inventaire. Et ce ne sont pas des actifs anodins : panels d'admin exposés, applications non patchées, bases de données oubliées, DNS pendants.

sources-inventaire
Source de donnéesCe qu'elle révèleVisible par la DSI ?
CMDB / tableur interneCe qu'on pense exposerOui (en théorie)
Certificate TransparencyTout sous-domaine ayant eu un certificat TLSRarement
DNS / WHOIS passifDomaines, sous-domaines, infra historiqueNon
Scan de ports / bannièresServices écoutant, versions, technosNon
APIs cloud (S3, Azure, GCP)Buckets et ressources publiquesNon
Ce que chaque source de données révèle de votre surface exposée, et ce que l'inventaire officiel en voit.

La colonne de droite le montre : la majorité de votre surface d'attaque réelle vit dans des sources que la DSI ne consulte jamais, et que l'attaquant consulte systématiquement.

Comment détecter le shadow IT : la méthode de l'attaquant

Chercher ses actifs exposés à la lampe torche. Sauf que l'attaquant, lui, a déjà la carte complète.

Les sources qui trahissent vos actifs oubliés sont publiques : tout le monde y a accès, vous comme l'adversaire. Le tout est de regarder en premier. Voici le flux de reconnaissance, du nom de domaine racine jusqu'à l'actif vulnérable.

asset-discovery-flow
Découverte des actifs exposés
Du domaine racine à l'actif vulnérable
  1. Partir du domaine racine, own2pwn.fr dans notre cas.
  2. Interroger les logs de Certificate Transparency, ceux des certificats TLS, avec crt.sh, Censys ou Google CT : on en sort la liste des sous-domaines historiques.
  3. Compléter par du DNS et du WHOIS passif, puis par du brute-force DNS, avec subfinder et amass : on en sort les sous-domaines actifs et leurs adresses IP.
  4. Scanner les ports, lire les bannières et sonder le HTTP et le HTTPS : on obtient les services, leurs versions et leurs technologies. C'est ici qu'apparaissent la page de login oubliée, le bucket S3 ouvert ou le VPN legacy.
  5. Corréler avec les CVE connues et trier, pour obtenir un risque priorisé.
  6. Traiter : corriger, décommissionner ou placer sous surveillance.
Flux de découverte d'actifs exposés, de la racine jusqu'au risque priorisé.

Certificate Transparency : le registre public de vos sous-domaines

Depuis que les autorités de certification doivent journaliser publiquement chaque certificat TLS émis (avec tous les Subject Alternative Names), il existe un registre permanent et consultable de quasiment tous vos sous-domaines ayant eu un certificat, y compris ceux qu'aucune page ne lie. Outils côté offensif comme défensif : crt.sh, censys.io, subfinder, amass.

Test maison en 30 secondes

Ouvrez crt.sh/?q=%25.votredomaine.fr dans un navigateur. Comptez les sous-domaines. Comparez à votre inventaire officiel. Le delta, c'est votre shadow IT de surface. Et ce n'est que la partie émergée.

Lister les SAN d'un domaine connu n'est que le premier niveau. On peut aller bien plus loin en pivotant sur les certificats partagés (même empreinte, même organisation) pour relier des actifs inconnus, voire d'autres domaines racine, à votre périmètre : la méthode complète est détaillée dans débusquer le shadow IT par les certificats partagés.

De la découverte ponctuelle à la surveillance continue (EASM)

Faire tourner subfinder un dimanche, c'est bien. Mais le shadow IT est un flux, pas un stock : un nouveau sous-domaine apparaît chaque semaine, un certificat est émis, une instance cloud est lancée. Une photo ponctuelle est périmée le lundi matin. C'est le rôle de l'EASM (External Attack Surface Management) : un processus continu et automatisé qui découvre, inventorie et surveille vos actifs exposés, en corrélant CT, DNS, WHOIS, APIs cloud et OSINT, puis priorise les vulnérabilités. Si la discipline vous est encore floue, on la reprend de zéro dans qu'est-ce que l'EASM.

Là où le pentester fait un instantané approfondi à un instant T, l'EASM tient la carte à jour en permanence et vous alerte quand un nouvel actif douteux apparaît. Les deux sont complémentaires : l'EASM trouve la cible, le pentest confirme l'exploitabilité. C'est ce que propose la découverte continue d'assets de notre plateforme EASM, qui mappe en continu ce que vous exposez vraiment, y compris les actifs hostiles montés autour de votre marque, comme les domaines de typosquatting qui usurpent votre nom pour piéger vos utilisateurs.

Cette logique de cartographie permanente est aussi au cœur des obligations réglementaires actuelles : le lien avec l'article 21 de la directive est détaillé dans NIS2 et l'inventaire de ce que vous exposez. Et quand un actif suspect est identifié, l'étape suivante est de tester réellement son exploitabilité, via un pentest web blackbox ou un scan automatisé. La différence entre les deux approches est détaillée dans pentest vs scan de vulnérabilité.

Le piège du subdomain takeover

Un sous-domaine qui pointe (CNAME) vers un service tiers désactivé (ancien hébergement, SaaS résilié, bucket supprimé) peut être réclamé par un attaquant qui recrée la ressource à votre place. Résultat : du contenu malveillant servi depuis votre domaine de confiance. Les DNS pendants sont le shadow IT le plus sournois, et un sous-domaine oublié devient vite une porte d'entrée.

Que faire de tout ce qu'on vient de déterrer ?

Découvrir, c'est 50 % du travail. L'autre moitié, c'est décider quoi faire de chaque actif. Une approche simple en quatre temps :

  1. Attribuer : à qui appartient cet actif ? Sans propriétaire, pas de décision possible.
  2. Décider : on garde (et on le met sous gestion), ou on décommissionne proprement (DNS, certificat, ressource cloud).
  3. Corriger : pour ce qu'on garde, patcher les CVE, fermer les ports inutiles, activer le MFA, restreindre les buckets.
  4. Surveiller : remettre l'actif dans la boucle de monitoring continu pour éviter qu'il redevienne du shadow IT dans six mois.

Le réflexe contre-productif est de tout vouloir traiter d'un coup. Priorisez par exposition réelle et criticité : un panel d'admin sans MFA et un bucket ouvert passent avant la landing page promotionnelle de 2019, et le second facteur qu'on y remettra n'est pas un détail : toutes les méthodes d'authentification multifacteur ne se valent pas face à un attaquant. La corrélation CVE permet justement de trier le bruit du danger.

À retenir

  • Le shadow IT, c'est tout actif exposé que personne ne gère : sous-domaines oubliés, buckets ouverts, APIs de staging, DNS pendants.
  • Le DNS est un registre public de vos SaaS : le 6 octobre 2026, une société du SBF 120 y nommait 8 éditeurs en médiane, une commune de plus de 20 000 habitants 1. Chaque jeton oublié signale un service à revoir et renseigne un attaquant.
  • C'est dangereux parce qu'on ne patche ni ne surveille ce qu'on ne voit pas : une part notable des violations part d'un actif inconnu ou non géré.
  • L'écart entre l'inventaire officiel et la réalité est le plus souvent large, révélé dès le premier scan de découverte d'assets.
  • Les sources publiques (certificate transparency, DNS passif, scan de ports) trahissent vos actifs. Regardez-les avant l'attaquant.
  • Une découverte ponctuelle ne suffit pas : le shadow IT est un flux. L'EASM en assure la cartographie continue, le pentest confirme l'exploitabilité.

Votre vrai inventaire IT est dans les logs CT, le DNS passif et les APIs cloud, plus que dans votre tableur. Reste à savoir qui le consultera en premier, vous ou l'attaquant.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le shadow IT ?

Le shadow IT désigne tout matériel, logiciel ou service cloud utilisé dans une organisation sans la connaissance ni l'approbation de la DSI. Sous-domaine créé par une équipe marketing, API de test laissée en ligne, bucket de stockage ouvert par un prestataire : ces actifs existent, écoutent sur un port, et personne ne les gère. Ils restent exposés et oubliés.

Combien de services SaaS une grande entreprise expose-t-elle dans son DNS ?

Lecture des enregistrements TXT publics du 6 octobre 2026 sur 704 organisations : une société du SBF 120 a fait vérifier son domaine auprès de 8 éditeurs distincts en médiane (quartiles 5 et 13, maximum 24), et 43 sociétés sur 119 en comptent 11 ou plus. La médiane tombe à 3 pour les universités et les CHU, et à 1 pour les communes de plus de 20 000 habitants. Les plus fréquents au SBF 120 sont Google (95 sociétés, jeton qui sert aussi à la Search Console), Microsoft 365 (84), Apple (68), Atlassian (65) et DocuSign (60). Un jeton prouve une vérification de domaine à un moment donné, pas un usage actuel.

Pourquoi le shadow IT est-il un risque de sécurité ?

Parce qu'on ne patche pas, on ne surveille pas et on ne durcit pas un actif dont on ignore l'existence. Chaque service non suivi agrandit mécaniquement la surface d'attaque externe : panel d'administration sans MFA, bucket ouvert, framework web non mis à jour. Un attaquant scanne l'ensemble et entre par le maillon le plus faible, qui est presque toujours un actif non inventorié.

Comment détecter le shadow IT exposé sur Internet ?

En reproduisant la reconnaissance d'un attaquant à partir de sources publiques : les logs de Certificate Transparency (crt.sh) pour les sous-domaines, le DNS et le WHOIS passif (subfinder, amass) pour l'infrastructure, puis un scan de ports et de bannières pour les services et versions. La corrélation avec les CVE connues permet ensuite de prioriser.

Quelle est la différence entre shadow IT et surface d'attaque externe ?

Le shadow IT est la cause, la surface d'attaque externe est la conséquence. Le premier désigne les actifs déployés hors du contrôle de la DSI ; la seconde désigne l'ensemble de ce que l'organisation expose sur Internet, connu ou non. Le shadow IT est la part invisible de cette surface, celle que la CMDB ne documente pas.

Certificate Transparency permet-il de trouver ses sous-domaines ?

Oui. Depuis que les autorités de certification journalisent publiquement chaque certificat TLS émis, avec ses Subject Alternative Names, il existe un registre consultable de quasiment tous les sous-domaines ayant eu un certificat. Une requête sur crt.sh révèle en quelques secondes des sous-domaines absents de l'inventaire officiel.

Un scan ponctuel suffit-il pour gérer le shadow IT ?

Non. Le shadow IT est un flux, pas un stock : un nouveau sous-domaine apparaît, un certificat est émis, une instance cloud est lancée chaque semaine. Une découverte ponctuelle est périmée le lundi suivant. C'est le rôle de l'EASM, qui surveille en continu et alerte quand un nouvel actif douteux apparaît.

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