Aller au contenu principal
own2pwn
Comparatif EASM : comment choisir la meilleure plateforme

Comparatif EASM : comment choisir la meilleure plateforme

Comparatif EASM sans langue de bois : la grille de critères pour choisir un outil EASM, comprendre les familles d'acteurs et trancher entre les plateformes du marché.

Maxime J9 min de lectureMis à jour le

Comparez sur pièces, pas sur slides

Palier gratuit, prix transparents, hébergement européen. Lancez un premier scan avant de trancher.

Essayer own2pwn EASM

Trois démos en une semaine. Trois plateformes qui découvrent votre surface d'attaque à partir du même domaine racine, et trois totaux d'actifs différents : 180 chez l'une, 240 chez l'autre, 310 chez la troisième. Chaque commercial vous explique, courbe à l'appui, pourquoi son chiffre est le bon. À la fin des trois heures, vous avez surtout gagné une certitude : vous ne savez toujours pas laquelle choisir. Bienvenue dans le comparatif EASM, l'exercice où tout le monde promet la même chose avec les mêmes mots.

Le marché de l'External Attack Surface Management a explosé, et avec lui le nombre de fiches produit interchangeables. "Découverte continue", "vision de l'attaquant", "priorisation par l'IA" : tout le monde coche les mêmes cases sur son site. Ici, pas de tableau de dénigrement des concurrents : ce genre de tableau vieillit en trois mois et sent le parti pris. On s'en tient à une grille de critères pour choisir un outil EASM qui tient la route, et à une lecture neutre des grandes familles d'acteurs, pour savoir face à quoi vous êtes. Si le terme lui-même reste flou, commencez par qu'est-ce que l'EASM avant de revenir ici.

Pourquoi un comparatif EASM est piégé d'avance

La difficulté n'est pas de trouver des outils, c'est de les départager. Deux plateformes annoncent "découverte automatique de vos actifs" : derrière ces trois mots identiques se cachent parfois un moissonnage sérieux de Certificate Transparency et de DNS passif d'un côté, un simple import de votre plage IP de l'autre. Le vocabulaire est devenu du bruit marketing. Ce qui reste, quand on gratte, ce sont des choix techniques concrets qui, eux, se mesurent.

Autre piège : le chiffre d'actifs découverts, celui qu'on vous brandit en démo. Un total élevé impressionne, mais il ne dit rien de la qualité. Une plateforme qui remonte 310 actifs dont 90 n'existent plus ou ne sont pas à vous, c'est 90 heures perdues à trier. Le vrai critère est le rapport signal/bruit. On y revient plus bas.

Les vrais critères pour choisir une plateforme EASM

Voici la grille qu'on utiliserait à votre place : sept axes qui séparent un outil d'un autre, et qu'on ne trouve pas mis en avant sur une page d'accueil.

  • Qualité de la découverte et taux de faux positifs. Le seul test qui compte : donnez-leur votre domaine, comparez les inventaires rendus, et vérifiez à la main un échantillon. Combien d'actifs fantômes ? Combien de sous-domaines mal attribués à un voisin ? Un bon EASM trouve plus que votre CMDB, mais surtout il se trompe moins.
  • Couverture cloud et shadow IT. Buckets objet, fonctions serverless, sous-domaines de prestataires, environnements de staging poussés "pour deux jours" : une plateforme qui ne voit que vos IP historiques rate l'essentiel de ce qui vous ouvre demain.
  • Fréquence de scan. Continu ou ponctuel ? Une surface d'attaque bouge tous les jours. Un rescan mensuel périme en une semaine et vous prévient d'un sous-domaine exposé un mois trop tard.
  • Priorisation et contexte du risque. Lister 4 000 CVE, c'est le meilleur moyen de paralyser une équipe. La question : la plateforme trie-t-elle par exploitabilité réelle (le service est-il atteignable ? la fonction vulnérable est-elle active ?) ou se contente-t-elle d'empiler les scores CVSS bruts ?
  • Souveraineté et hébergement des données. Vous confiez à l'outil le plan coté de vos points d'entrée. Où vit cette donnée, sous quelle juridiction ? Un critère qu'on traite à part plus bas, parce qu'il pèse lourd en Europe.
  • Intégrations. Un EASM qui vit dans son coin ne sert personne. Export vers votre SIEM, tickets Jira, webhook Slack, API documentée : si la donnée ne rejoint pas votre flux de remédiation, elle moisit dans un dashboard de plus.
  • Transparence tarifaire. Le prix est-il affiché, ou faut-il trois appels commerciaux pour l'obtenir ? Ce point mérite sa propre section, tant l'opacité est devenue la norme.
grille-de-choix
CritèreCe que vend la ficheCe qu'il faut vérifier
Découverte d'actifs"Automatique, continue"Le taux de faux positifs sur vos propres actifs.
Couverture"360°, tout l'Internet"La couverture réelle du cloud et du shadow IT.
Fréquence de scan"Temps réel"Un scan vraiment continu, ou ponctuel.
Priorisation"Propulsée par l'IA"Une priorisation par l'exploitabilité, ou un CVSS brut.
SouverainetéSouvent absente de la ficheLe pays d'hébergement et la juridiction des données.
Intégrations"S'intègre partout"Le SIEM, le ticketing et l'ouverture réelle de l'API.
Prix"Sur devis"Un tarif affiché, ou trois appels commerciaux pour l'obtenir.
La grille de lecture d'un comparatif EASM : ce qui compte n'est presque jamais mis en avant sur les fiches produit.

De cette grille à une décision, on procède par entonnoir plutôt qu'en additionnant des notes sur un tableur : on élimine d'abord sur les contraintes dures (hébergement, budget), puis on teste ce qui reste sur pièces.

entonnoir-selection
Départ
Le marché entier
Des dizaines de plateformes qui promettent toutes la même chose.
Filtre 1
Juridiction & budget
Hébergement des données imposé, enveloppe réaliste : la moitié tombe ici.
Filtre 2
Scan comparatif sur votre domaine
On mesure le rapport signal/bruit sur des actifs qu'on connaît déjà.
Décision
La plateforme qui colle à VOTRE contexte
Pas "la meilleure" dans l'absolu : la meilleure pour vous.
Choisir un outil EASM, c'est éliminer par contraintes dures avant de comparer les rescapés sur un vrai scan.

Les grandes familles de plateformes EASM

Les acteurs du marché se rangent en cinq familles, chacune avec sa logique propre et son angle mort. Repérer la famille d'un produit en dit souvent plus long que n'importe quel score.

1. Les suites de sécurité généralistes. Les grands éditeurs greffent un module EASM sur un écosystème déjà en place. Microsoft Defender EASM, par exemple, s'appuie sur les données Internet héritées du rachat de RiskIQ et s'intègre naturellement à un SI déjà centré Microsoft et Azure. La logique de famille : la couverture et l'intégration sont excellentes dans l'écosystème maison, moins évidentes en dehors. Pertinent si vous êtes déjà tout-en-un chez l'éditeur, à regarder de près sinon.

2. Les pure-players EASM. Des acteurs dont c'est le métier unique. CyCognito mise sur une découverte "sans graine" (seedless), qui infère vos actifs à partir de signaux publics sans que vous lui donniez de point de départ. Palo Alto Cortex Xpanse, bâti sur la technologie rachetée à Expanse, scanne l'Internet à très grande échelle et se branche directement sur le SOC et les workflows Cortex. Randori (racheté par IBM en 2022) se positionne en "adversaire automatisé". Mandiant ASM (Google) adosse la découverte à sa threat intelligence pour dire ce qui est activement ciblé. C'est une famille puissante, souvent taillée pour de très grandes organisations avec une équipe dédiée, et rarement bon marché.

3. Les moteurs de données Internet. Des plateformes nées comme moteurs de scan de l'Internet mondial, qui exposent ensuite une brique ASM. Censys en est l'archétype : la matière première est excellente (une base de scan planétaire), mais c'est d'abord une plateforme de données, pas forcément un outil opérationnel clés en main. Cette famille est redoutable pour la couverture, et plus exigeante à rendre opérationnelle.

4. Les scanners de vulnérabilités rebrandés EASM. Les éditeurs historiques de scan (type Tenable, Qualys, Rapid7) ont tous ajouté un module de gestion de surface d'attaque à leur catalogue. Leur ADN reste le scan d'une liste de cibles qu'on leur fournit ; la découverte de l'inconnu, cœur de l'EASM, est une brique ajoutée plus tard, que certains ont depuis sérieusement développée. La frontière est réelle, on la détaille dans pentest et scan de vulnérabilité. Un module ASM greffé sur un scanner n'est pas disqualifiant, mais posez la question : trouve-t-il ce que vous ne lui avez pas dit d'aller chercher ?

5. Les acteurs européens et souverains. Plus discrète, une famille d'éditeurs qui joue la carte de l'hébergement dans l'Union européenne, de la conformité RGPD et de tarifs souvent plus lisibles. C'est là que se trouve une alternative crédible aux gros acteurs américains quand la juridiction des données pèse dans la balance. C'est dans cette logique qu'on s'est confronté tête à tête à deux plateformes très demandées, dans notre alternative à Detectify et notre alternative à Intruder.

Ce que ces noms ne vous disent pas

Aucun de ces acteurs n'est "mauvais" : ils visent des cibles différentes. Un outil pensé pour un SOC de 40 analystes sera surdimensionné (et hors de prix) pour une PME de 30 personnes, et réciproquement. Tout se joue sur votre écosystème et sur la juridiction que vous devez respecter.

Transparence tarifaire : le critère qu'on n'ose pas demander

Sur un point, le marché EASM est d'une constance remarquable : l'opacité des prix. À de rares exceptions, aucun des grands acteurs ne publie de tarif de départ chiffré. On parle de fourchettes qui vont, pour les plateformes entreprise, de quelques dizaines de milliers à plusieurs centaines de milliers d'euros par an selon le nombre d'actifs et les options. Le prix réel, vous ne le connaissez qu'après avoir passé par la case démo, qualification, négociation.

Cette opacité a un coût caché : elle rend le comparatif impossible sur le papier. Vous ne pouvez pas aligner trois offres côte à côte si aucune n'affiche son prix. Un tarif public, lui, envoie un signal de confiance : l'éditeur assume son positionnement et ne facture pas "à la tête du client". Pour comprendre ce qui compose réellement la facture d'une plateforme (actifs, scans, options, dépassements), on décortique tout ça dans le prix d'un EASM.

Souveraineté : où vivent réellement vos données

Confier votre cartographie d'exposition à une plateforme, c'est lui remettre l'inventaire complet de vos points d'entrée, actif par actif. Si ce jeu de données est hébergé hors d'Europe, il tombe potentiellement sous des lois extraterritoriales qui permettent à un État tiers d'y accéder. Pour une administration, un opérateur d'importance vitale ou une entreprise sous NIS2, ce point de conformité peut suffire à écarter un fournisseur, et c'est la promesse que doit tenir un EASM opéré sous droit européen.

Le bon réflexe : demander où, physiquement, la donnée est stockée, et sous quelle juridiction elle tombe. "Nous avons une région européenne" ne suffit pas si la maison mère est soumise à un droit extra-européen. Les trois questions à poser, telles quelles : dans quel pays les données sont-elles stockées, de quel droit relève la société qui les exploite, et quels sous-traitants y ont accès ? Une réponse écrite, nominative, ou rien. Le référentiel qui ferme frontalement cette question, en exigeant du prestataire qu'il ne relève d'aucune juridiction extra-européenne, est la qualification SecNumCloud de l'ANSSI.

Où se situe own2pwn EASM dans cette grille

own2pwn EASM appartient à la famille des acteurs européens : données hébergées dans l'Union européenne, sous droit européen. Sur les deux critères où le marché pèche le plus, on prend le contre-pied : le prix est affiché (99 € et 299 € par mois, avec un plafond dur, sans facturation surprise au dépassement), et il existe un palier gratuit pour tester la découverte sur votre propre domaine avant de sortir la carte bleue.

Ce n'est pas "le meilleur EASM du monde", formule qui ne veut rien dire. C'est une option parmi la grille, pensée pour les organisations qui veulent une découverte sérieuse, une facture lisible et des données qui ne quittent pas l'Europe, sans les tickets d'entrée à six chiffres des suites entreprise. Si ces trois contraintes sont les vôtres, on entre dans votre shortlist. Sinon, une autre famille vous conviendra mieux. Le meilleur moyen de trancher reste le même pour tout le monde : lancer un vrai scan et regarder ce qui remonte.

Le test qui vaut dix démos

Prenez votre domaine racine et faites tourner la découverte de deux ou trois candidats sur la même cible, le même jour. Puis vérifiez à la main un échantillon des actifs remontés. En une après-midi, vous en apprenez plus sur le rapport signal/bruit de chaque plateforme que dans toutes les slides du monde. Un palier gratuit rend ce test possible sans engagement.

À retenir

  • Un comparatif EASM sérieux repose sur une grille de critères plutôt que sur un tableau de dénigrement : les fiches produit disent toutes la même chose, seuls les choix techniques concrets discriminent.
  • Les axes qui séparent vraiment : qualité de découverte et faux positifs, couverture cloud et shadow IT, fréquence de scan, priorisation par exploitabilité, souveraineté, intégrations, transparence des prix.
  • Cinq familles à connaître : suites généralistes (Defender EASM), pure-players (CyCognito, Cortex Xpanse, Randori, Mandiant), moteurs de données Internet (Censys), scanners rebrandés (Tenable, Qualys, Rapid7) et les acteurs européens/souverains.
  • L'opacité tarifaire est la norme du marché : un prix public reste un signal de confiance, et rend le comparatif possible.
  • La meilleure plateforme EASM dépend de votre taille, de votre écosystème et de votre juridiction. Pour trancher, rien ne vaut un scan comparatif sur votre propre domaine.

Le palier gratuit de la plateforme EASM d'own2pwn vous laisse lancer une découverte sur votre domaine, mesurer le bruit, et confronter le résultat à ce que vous testez ailleurs. Et si le concept lui-même demande à être clarifié avant toute comparaison, repassez par le pilier qu'est-ce que l'EASM.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure plateforme EASM ?

Il n'y a pas de meilleure plateforme dans l'absolu : la bonne dépend de votre taille, de votre écosystème et de la juridiction que vous devez respecter. Un outil taillé pour un SOC de 40 analystes est surdimensionné pour une PME, et réciproquement. Le seul juge fiable est un scan comparatif de deux ou trois candidats sur votre propre domaine, le même jour.

Comment choisir un outil EASM ?

En s'appuyant sur sept axes concrets plutôt que sur les fiches produit : qualité de la découverte et taux de faux positifs, couverture cloud et shadow IT, fréquence de scan (continu ou ponctuel), priorisation par exploitabilité réelle, souveraineté des données, intégrations (SIEM, ticketing, API) et transparence tarifaire. On élimine d'abord sur les contraintes dures, puis on teste sur pièces.

Quelles sont les principales plateformes EASM du marché ?

Elles se rangent en cinq familles : les suites généralistes (Microsoft Defender EASM), les pure-players (CyCognito, Palo Alto Cortex Xpanse, Randori, Mandiant ASM), les moteurs de données Internet (Censys), les scanners de vulnérabilités rebrandés EASM (Tenable, Qualys, Rapid7) et les acteurs européens souverains. Repérer la famille d'un produit en dit souvent plus qu'un score marketing.

Combien coûte une plateforme EASM ?

Le marché est marqué par l'opacité : la plupart des grands acteurs ne publient aucun tarif de départ. Les plateformes entreprise vont de quelques dizaines de milliers à plusieurs centaines de milliers d'euros par an selon le nombre d'actifs. Quelques acteurs affichent des prix lisibles, par exemple 99 et 299 euros par mois pour l'EASM d'own2pwn.

Existe-t-il des plateformes EASM européennes ?

Oui. Une famille d'éditeurs joue la carte de l'hébergement dans l'Union européenne, de la conformité RGPD et de tarifs plus lisibles. Ce critère de souveraineté pèse lourd pour une administration, un opérateur d'importance vitale ou une entreprise sous NIS2 : confier son inventaire d'exposition à une plateforme soumise à un droit extra-européen peut suffire à l'écarter.

EASM ou scanner de vulnérabilités : que choisir ?

Ce ne sont pas des concurrents. Un scanner teste une liste de cibles qu'on lui fournit ; un EASM commence par découvrir le périmètre, y compris l'inconnu, avant de le qualifier. Un module ASM greffé sur un scanner historique n'est pas disqualifiant, mais la question à poser reste : trouve-t-il ce qu'on ne lui a pas dit d'aller chercher ?

Veille sécurité

La suite, une fois par mois

Ce qui bouge vraiment sur la surface d'attaque externe, NIS2 et la sécurité applicative, écrit par le pentester qui signe ces articles. Un envoi par mois, désinscription en un clic.

Votre adresse ne sert qu'à cet envoi. Voir la politique de confidentialité.